Cambridge Analytica – Facebook, ce qui s’est vraiment passé

L’affaire Cambridge Analytica – Facebook a exposé les pratiques douteuses d’une entreprise qui se proclamait à la pointe de la technologie dans son domaine mais aussi la gestion des données Facebook.

Les médias se sont emparés à juste titre du sujet et de nombreux articles ont été produits, dans cet article de blog nous tenons à apporter notre point de vue et apporter des précisions en tant que professionnels du secteurs et éditeur de logiciel de communication politique.

1. Il s’agit s’agit d’un gigantesque piratage de données, un piratage pur et simple, à aucun moment l’accumulation des données de 87 millions de personnes n’a été le fruit d’un quelconque travail de marketing, ni de l’utilisation d’un logiciel ou d’une technologie. Il n’a s’agit que de tromperie et de ruse, des questionnaires sur le réseau facebook publiés par un chercheur en 2014 ont été détournés de leur objet de recherche et ont été purement et simplement revendus à Cambridge Analytica.

C’est un banal piratage de données, ce qui est moins banal est la suite qui en découle, ces données acquises illégalement ont ensuite été sciemment utilisées par Cambridge Analytica dans le but de cibler l’électorat américain lors des élections présidentielles US 2016 tel que l’ont révélé les médias britanniques. Le vol et/ou le recel de données illégalement acquises ainsi que leur utilisation dans un logiciel de stratégie électorale sont répréhensible par la loi dans les pays concernés.

Facebook a donc été hacké, tel que l’ont été avant eux, les Apple, Sony ou autres géants de la tech mondiale, à la décharge de Facebook, la question est qui n’a pas été hacké parmi eux? La question des moyens mis en oeuvre pour la protection des données de leurs utilisateurs est néanmoins posée, se pose aussi de la question du modèle économique de Facebook, il y a t’il eu rémunération, ou un quelconque consentement du réseau social ou ceci s’est il fait à leur insu? L’enquête en cours le dira, ainsi que la responsabilité des uns et des autres.

On peut effectivement douter qu’une multinationale tel que Facebook ai eu un intérêt financier à accorder autant de données à une petite structure tel que Cambridge Analytica, le rapport entre les 2 entreprises est asymétrique…

2.Mais quelle est donc la technologie commercialisée par Cambridge Analytica? Nous nous posons franchement la question, dès 2014, leurs annonces fracassantes ont été accueillis avec étonnement par l’ensemble de la profession. Soit ils avaient 10 ans d’avance sur tous les éditeurs de logiciel du secteur soit les promesses ne seraient pas tenus, nous connaissons la suite, il ne s’agissait que d’une dérive immorale dont personne ne soupçonnait l’ampleur.

Les vidéos publiées par les médias britanniques dans lesquelles apparaissent les représentants de Cambridge Analytica sont effrayantes mais dévoilent aussi la réalité des pratiques de barbouze de cette société, il ne s’agit pas de logiciel ou d’innovation, il est uniquement question de barbouzerie, l’intéressé y détaille par le menu ses méthodes de travail, précise avoir eu recours à des méthodes d’intimidation, de chantage et même l’implication de prostitués. Consternant.

3.Un tel scandale peut-il arriver en France ou en Europe? Tout ceci est totalement illégale en France et dans l’Union Européenne. En France la CNIL mais aussi au niveau européen avec la RGPD, réglementent la profession. En France seules les données pour lesquelles nous avons consciemment donné notre consentement sont utilisables, l’achat de fichiers est tout simplement interdit en communication politique, ce qui est possible pour une entreprise n’est pas possible pour une communication politique, c’est une spécificité française.

Au delà de la réglementation, la mission des éditeurs de logiciel de communication digitale, que ce soit dans le champs politique mais aussi pour l’entreprise, les administrations, associations et médias consiste à permettre à ces organisations de faire connaitre leurs actions, projets, produits et actualités à leurs membres, clients, fans, supporters ou électeurs.

En communication politique la mission d’un logiciel est de mobiliser les électeurs d’un candidat ou d’un parti, pour s’assurer de leur participation, nous nous considérons comme une CivicTech, l’objectif est de recréer de l’engagement citoyen, on le voit sur le terrain lors d’élections partielles à 19% de participation en janvier 2018, la tâche est énorme… On est donc bien loin des présentations fracassantes de Cambridge Analytica sur les « psychographics », cette soi-disant technologie censée être capable d’analyser nos peurs pour mieux nous manipuler.

Le voile est levé sur Cambridge Analytica.

 

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